Les mythes d’UberX

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Certaines informations erronées circulent au sujet d’UberX.

 

UberX est un service de covoiturage urbain? FAUX.

Peu importe qu’on regarde la définition commune ou légale, le terme « covoiturage » signifie que le chauffeur fixe la destination et qu’il va s’y rendre de toute façon, avec ou sans passager. Le chauffeur qui fait du covoiturage prend des passagers qui vont tous vers la même destination. Ce chauffeur peut, selon la loi québécoise, recevoir un dédommagement pour les dépenses encourues, comme l’essence, mais il ne peut pas être rémunéré pour le service qu’il offre.

Dans le cas d’UberX, c’est le client qui fixe la destination et le chauffeur est payé pour le service qu’il offre. Il ne s’agit donc pas de covoiturage, mais plutôt d’un service de taxi. Et comme ce service se fait sans les permis et les inspections requis, il s’agit de taxi illégal.

 

UberX est moins cher que le taxi? FAUX

http://images.lpcdn.ca/924×615/201502/12/969443.jpg

http://ottawacitizen.com/news/local-news/tale-of-the-tape-taxis-vs-uber

Les tarifs d’UberX varient d’heure en heure et de jour en jour, selon l’offre et la demande. Malgré toutes les prétentions publiques d’Uber, plusieurs articles démontrent que, dans les meilleurs cas, Uber est à peine quelque cents moins chers que les vrais taxis, mais que souvent, il est considérablement plus cher que les taxis. De plus, quand les prix sont comparables au taxi, c’est en partie parce que le taxi paye 15 % de taxes, alors qu’UberX n’en facture pas.

Dans les faits, UberX offre des tarifs comparables au taxi quand tout va bien. Lorsque la demande est forte, les prix d’UberX explosent, alors que ceux des vrais taxis sont régis par la Commission des transports du Québec et ne peuvent être modifiés par le chauffeur.

Autrement dit, UberX vous offre des tarifs raisonnables (similaires à ceux des taxis) quand vous n’avez pas besoin d’un taxi, et quand vous en avez besoin, on grimpe soudainement les prix.

Une dame d’Ottawa l’a appris à ses dépens.

http://ottawacitizen.com/storyline/talk-about-a-price-surge-new-years-eve-uber-ride-costs-ottawa-woman-184

http://fr.canoe.ca/argent/actualites/archives/2015/01/20150103-191225.html

 

UberX est une technologie « disruptive » qui change complètement la donne? FAUX

 Il est vrai que les applications mobiles qui permettent le transport de personnes sont nouvelles. Toutefois, certaines considérations de base demeurent et ne changeront pas, que l’appel soit réparti par une centrale téléphonique ou par une application mobile. Le passager a besoin d’être protégé.

Pour garantir sa sécurité, il faut deux choses essentielles :

  • L’émission par la police d’un certificat d’absence d’antécédents judiciaires du chauffeur.
  • L’émission par une autorité extérieure d’un certificat de conformité, démontrant que la voiture est en règle, c’est-à-dire que l’état de la voiture est satisfaisant et que le tarif annoncé sera bien le tarif facturé.

Ces preuves de conformité, elles ont un nom au Québec. Elles s’appellent un permis de taxi. Ce document est la preuve que le chauffeur et sa voiture ont été vérifiés par une autorité extérieure.

Si les preuves ne sont pas fournies par une autorité extérieure, il est difficile de croire l’entreprise et le prestataire de services, comme ils sont en conflit d’intérêts. C’est-à-dire qu’ils ont tout intérêt à vous dire qu’ils sont conformes, qu’ils le soient ou pas.

 

Il y a un flou dans la loi actuelle à propos d’UberX? FAUX

La loi sur le transport de personnes par taxi est limpide.

L’article 4 de la loi dit clairement :

« Pour offrir ou effectuer un transport rémunéré de personnes à l’aide d’une automobile, une personne doit y être autorisée par un permis de propriétaire de taxi. »

Il n’y a donc aucun flou.

 

UberX vérifie les véhicules et leurs chauffeurs? DIFFICILE À CROIRE

http://www.20minutes.fr/monde/1669947-20150820-etats-unis-uber-accuse-avoir-embauche-criminels

http://ottawacitizen.com/news/local-news/tale-of-the-tape-taxis-vs-uber

Récemment, en Californie, là où UberX opère depuis le plus longtemps, les procureurs de San Francisco et Los Angeles ont déposé des accusations contre Uber pour avoir choisi d’ignorer ou choisi de ne pas vérifier les antécédents criminels de certains chauffeurs. Parmi ceux-là, les procureurs affirment avoir dénombré des tueurs, des violeurs et des pédophiles avec une longue feuille de route.

De plus, peu importe les prétentions d’Uber au sujet des antécédents criminels de ses chauffeurs, un fait demeure : Uber n’ouvre pas les livres. Autrement dit, Uber affirme qu’il vérifie, mais il n’en donne pas la preuve aux autorités. Sans cette preuve donnée à une autorité externe, comment les clients peuvent-ils être certains qu’il ne s’agit pas tout simplement d’une supercherie? Les vrais taxis doivent montrer patte blanche à la police. C’est la police qui énonce la probité du chauffeur, pas une entreprise qui est clairement en conflit d’intérêts.

http://www.lapresse.ca/actualites/montreal/201501/21/01-4837066-uberx-instaure-des-inspections-mecaniques-obligatoires.php

Récemment, Uber Québec disait que les véhicules utilisés pour UberX sont vérifiés par des garagistes « en 20 minutes pour 30 $ ». Tous les chauffeurs de taxi du Québec ont ri devant cette affirmation. Les vrais taxis sont inspectés à tous les six mois pour 65 $, par un garage certifié. Nous aimerions bien connaître ces garagistes dont Uber parle qui font de réelles inspections pour 30 $.

Encore ici, on nage clairement en plein conflit d’intérêts. Comment Uber peut-il prétendre de la probité de ses véhicules, si ses garagistes ne sont pas imputables de leurs inspections?

 

UberX va créer de l’emploi? FAUX

Si plus de gens peuvent être tentés de faire du transport illégal de personnes via UberX, le nombre de clients, quant à lui, n’est pas altéré par l’arrivée d’un nouveau service. C’est comme si, parce qu’on ouvre une nouvelle station-service, il y avait soudainement plus de voitures sur la route. Ce genre de raisonnement, de « pensée magique », ne tient pas la route.

Selon nous, l’arrivée d’UberX ne fait que déshabiller Jean pour habiller Paul. Dans les faits, on enlève des courses aux vrais taxis légaux, pour les donner à des chauffeurs de taxi illégaux. C’est tout. Il n’y a dans ce contexte qu’un déplacement des transactions légales vers l’illégalité.

En fait, comme UberX conserve 20 % du prix des courses, et qu’on peut croire légitimement que cet argent sort du pays, on parlerait plutôt d’une perte économique importante, autant en dollars qu’en emplois perdus.

 

UberX offre des assurances? FAUX

 http://ici.radio-canada.ca/regions/ontario/2015/08/19/004-uber-assurance-accident.shtml

http://ici.radio-canada.ca/regions/ontario/2015/07/30/008-uber-assurance-ontario.shtml

http://argent.canoe.ca/nouvelles/uber-les-assurances-sont-essentielles-pour-agir-comme-chauffeur-22122014

Bien qu’Uber affirme avoir des assurances pour couvrir ses courses, la réalité tend à démontrer le contraire. Comment peut-on assurer ce qui est illégal? Le Bureau d’assurance du Canada et l’Autorité des marchés financiers ont tous les deux affirmé publiquement que les chauffeurs d’UberX, pour être capables de protéger leurs clients, devaient avoir une assurance commerciale. Un analyste de Toronto estime le coût de cette assurance à 23 000 $ par année.

Dans les faits, présentement, il n’existe aucune assurance au Québec qui puisse couvrir les chauffeurs d’UberX, peu importe ce qu’on vous en dit.