La gestion de l’offre

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Un point central du débat qui entoure UberX concerne la gestion de l’offre.

Autrement dit, pourquoi y a-t-il un nombre fixe de permis de taxi pour un territoire donné? Pourquoi l’État a-t-il senti le besoin de régir le nombre de voitures qui peuvent faire du transport de personnes?

À l’origine, cette loi a été mise en place pour deux raisons, qui finissent par n’en être qu’une seule.

Tout d’abord, avant les permis de taxi, tout le monde ou à peu près pouvait faire du transport de personnes. La conséquence était immédiate. Les propriétaires de taxi faisaient tous faillite les uns après les autres. La concurrence débridée faisait constamment fluctuer de manière imprévisible l’offre et la demande. Les propriétaires de taxi étaient incapables de prévoir au jour le jour, encore moins d’une semaine à l’autre.

Pour stabiliser le marché, l’État a mis en place un système de permis, avec un nombre fixe de voitures sur la route. Ce système de permis a aussi rendu possible un contrôle plus serré des chauffeurs et de leurs véhicules.

Le nombre fermé de permis de taxi a fait en sorte que quelques travailleurs pouvaient gagner correctement leur vie, au lieu d’avoir une pléthore de travailleurs qui vivotaient à peine.

Cette gestion de l’offre garantit aussi qu’il y aura des véhicules de taxi sur la route dans les conditions les plus pénibles : à 5 h du matin, quand une infirmière a besoin de se rendre au travail, dans une tempête de neige, quand on demande à tout le monde de rester à la maison…

Cette gestion de l’offre permet aussi d’imposer des conditions aux chauffeurs de taxi. Par exemple, ils n’ont pas le droit de refuser un client. Il est interdit pour un vrai chauffeur de taxi de refuser de transporter un aveugle et son chien-guide. On peut aussi leur imposer des vérifications d’antécédents criminels et des inspections mécaniques.

 

Un système créé par la province

Le système actuel de permis de taxi et de chauffeurs a été créé par le gouvernement du Québec. L’abolir serait, selon nous, complètement irresponsable.

Son abolition pousserait environ 10 000 propriétaires de taxi à la faillite, uniquement pour céder leur place à des travailleurs à temps partiel.

Bref, il s’agirait d’un appauvrissement considérable pour beaucoup de travailleurs, et d’un enrichissement mineur pour une poignée de personnes.

 

Permettre la modernisation

Afin de se moderniser, l’industrie du taxi a besoin d’un cadre relativement stable. Qui voudra investir des sommes importantes pour développer une application mobile ou pour renouveler sa flotte de véhicules, si les règles du jeu peuvent changer à tout moment?

Les autorités ont demandé à plusieurs reprises que l’industrie s’adapte au goût du jour. Pour y arriver, ses intervenants doivent être convaincus que leurs efforts ne seront pas anéantis par une décision gouvernementale arbitraire et en rupture avec les règles actuelles.